Institution d’une eidétique sans concepts

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Manfredi Moreno

Résumé










L’article soutient que la phénoménologie n’est pas seulement une méthode descriptive, mais un renversement de l’ordre philosophique : elle expose l’être à l’épreuve de l’apparaître. La tension qui nous guide n’oppose pas simplement essence et phénomène, mais deux exigences internes à la phénoménologie : d’une part, la nécessité de reconnaître des invariants ou des directions de sens ; d’autre part, l’ouverture inachevée, horizontale et variable de tout apparaître. Dans ce cadre, il est soutenu que cette tension ne se résout pas par l’abandon de l’essence, mais par l’élaboration d’une eidétique de l’apparition, où l’essentiel ne fonctionne pas comme un universel logique, mais comme une structure opérante et immanente à la phénoménalité. Le texte prend pour axe Marc Richir et sa proposition d’une « eidétique sans concepts », lue à partir du problème de l’institution, où le sens se stabilise, se transmet et devient susceptible d’être repris, sans pour autant se clore dans une définition conceptuelle. Le contrepoint avec Merleau-Ponty permet de préciser à la fois la portée de l’institution et sa limite : Richir ne prolonge pas simplement une ontologie du monde vécu, mais introduit une rupture architectonique entre phénoménalité et institution du sens.










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Moreno, M. (2026). Institution d’une eidétique sans concepts. Revista De Filosofía UCSC, 25(1), 64-86. https://doi.org/10.21703/2735-6353/3748

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